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560 ans et pas une ride !

560 ans et pas une ride !

Un rarissime incunable conservé à la bibliothèque municipale de Colmar

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Colmar à la découverte d'un livre qui ne fait pas ses 560 ans. 

[Le 24/02/2021]

LE SAVIEZ-VOUS ?

La bibliothèque municipale de Colmar conserve la deuxième plus grande collection d'incunables en France après celle de la

BnF - Bibliothèque nationale de France avec quelques 2300 volumes. Un incunable est un ouvrage imprimé avant le 1er janvier 1501 (en occident). Le terme dérive du latin "incunabula' (berceau). Nous sommes dans la toute petite enfance du livre imprimé ! Encore très proches visuellement du manuscrit, les incunables sont imprimés à faibles tirages, et sont parfois enluminés à la main. Un incunable est par définition un trésor de par sa rareté, mais certains sont particulièrement des trésors.

Admirez la fraîcheur de celui-ci !

Il s'agit d'un exemplaire de la Bible à 49 lignes imprimée en 1460 à Strasbourg par Johann Mentelin, ce qui en fait la première Bible imprimée après celle de Gutenberg (connue comme la Bible à 42 lignes) et surtout le tout premier livre imprimé sur ce qui est aujourd'hui le territoire français. Seulement environ 30 exemplaires sont connus à travers le monde, et Colmar en conserve non pas 1 mais 2 dont un qui devait comporter de superbes enluminures si on en croit leur absence.

Pour en savoir plus sur les riches collections de la bibliothèque de Colmar : https://dominicains.colmar.fr/collections

 

Le portefeuille qui prit un éclat d'obus à la place de son propriétaire

Le portefeuille qui prit un éclat d'obus à la place de son propriétaire

Un témoignage matériel du destin brisé de millions d'anonymes de la Grande Guerre

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, nous repartons en 1915, à la rencontre cette fois du journal de Lord Voldemort !

[Le 17 février 2021]

En fait ...non.

Il ne s'agit pas du journal intime de Tom Jedusor mais le teasing se tentait. Ce document conservé aux Archives départementales de la Marne est un témoignage aussi marquant qu'il est tangible des milliers de destins anonymes qui furent brisés lors de la Grande Guerre.

Nous sommes le 2 août 1914. Comme 4 millions de ses concitoyens, René Emile Vattel, un jeune Marnais, est appelé sous les drapeaux suite à la mobilisation générale. En 1915, alors qu'il prend part aux combats dans l'Oise, il est gravement blessé par des éclats d'obus. Comme beaucoup de ses camarades, et pour tenir dans l'enfer des tranchées, le canonnier Emile Vatel garde toujours précieusement sur lui son portefeuille contenant des lettres de sa fiancée ainsi que des photos de ses proches. Le portefeuille prend un éclat d'obus à sa place. Malheureusement, le soldat finit par succomber à ses blessures à la tête le 25 avril 1918. Civils ou militaires, la Première Guerre Mondiale faucha plus de 15 millions de personnes.

Ce document, comme tant d'autres témoignages d’itinéraires ou de parcours familiaux et intimes de la période, a été remis aux archives par des particuliers dans le cadre de la Grande Collecte (https://francearchives.fr/fr/article/26287559).

Vous pouvez retrouver ce portefeuille martyr parmi les quelques 250 docs et objets présentés dans Trésors des bibliothèques et archives de Champagne-Ardenne, coédité avec La Nuée Bleue. Un trésor n'est hélas pas toujours quelque chose de beau, matériellement ou intellectuellement ...

-Pour en savoir plus sur Trésorshttp://www.interbibly.fr/.../con.../patrimoine-ecrit/tresors

-Site des Archives départementales de la Marne : https://archives.marne.fr/ 

Eclats d'obus et livres martyrs

Eclats d'obus et livres martyrs

Les stigmates de la Première Guerre Mondiale à la bibliothèque bénédictine de Saint-Mihiel

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Saint-Mihiel (55) ... et gare aux éclats d'obus !

[Le 10 février 2021]

Ce ne sont pas vraiment des "trésors" dans le sens habituel du terme que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui mais plutôt une série de témoignages de victimes livresque collatérales de la folie des hommes.

Les origines de la superbe bibliothèque bénédictine de Saint-Mihiel remontent à l'époque carolingienne. Elle abrite de riches collections. Mais cette petite ville de la Meuse, qui se situe à 35km de Verdun, n'est pas très idéalement située quand survient la 1ere Guerre Mondiale. Dès le mois d'août 1914, la guerre place Saint-Mihiel sous contrôle allemand. En octobre 1915, un obus français frappe la bibliothèque et endommage considérablement la grande salle ainsi que les documents qui n'en avaient pas été évacués.

Achevée en 1775, la grande salle, sous ses 5 mètres de hauteur, mesure 50 mètres de long soit autant qu'un bassin olympique. Il faudra une bonne dizaine d'années pour la restaurer à l'identique.

On estime à 8000 le nombre d'ouvrages perdus ou volés pendant cette période. La bibliothèque en conserve aujourd'hui environ 9000 dont 74 manuscrits médiévaux et 86 incunables. Certains des livres portent encore dans leur matérialité les traces de leur martyr. 

Fiche de la bibliothèque dans le Répertoire du CCFr : https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index_view_direct_anonymous.jsp?record=rnbcd:INSTITUTION:12636

Une plongée illustrée dans l'Amérique insurgée

Une plongée illustrée dans l'Amérique insurgée

Le manuscrit de Flohr : journal de bord d'un soldat en pleine Guerre d'indépendance américaine

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Strasbourg... et les Etats-Unis !

[Le 03 février 2021] 

Le document de la semaine est un fascinant journal manuscrit rédigé à Strasbourg par le fusilier Georg Daniel Flohr (1756-1826). Que faisait-il en Amérique et que nous raconte-t-il dans son superbe journal illustré ?

Nous sommes au début des années 1780. Une guerre fait rage depuis 1775 entre le Royaume de Grande Bretagne et les Treize colonies d'Amérique du Nord insurgées qui se rebellent et déclarent leur indépendance le 4 juillet 1776. C'est la Guerre d'indépendance des États-Unis.

Le conflit s'enlise et les les insurgés américains se mettent en quête de soutiens étrangers parmi les ennemis européens de la Grande Bretagne. C'est là que la France entre en scène (#lafayette), ainsi que l'Espagne et les Provinces Unies. Et voilà ! par le jeu des alliances diplomatiques notre soldat Flohr, originaire de la province des Deux-Ponts dans le Palatinat, parti prendre part aux combats. Il tient des notes où il raconte au jour le jour son voyage, la traversée en mer, les batailles, les peuples rencontrés...

Flohr rédige son récit à partir de ses observations à son retour en 1787. C'est un document et une source historique passionnants, d'autant plus que les témoignages de première main de simples soldats sont très rares. Le manuscrit comporte une trentaine d'illustrations de sa main.

Georg Flohr finit par repartir aux Etats-Unis pour y devenir pasteur et meurt en Virginie en 1826. Se termine ici notre petit voyage immobile dans le temps et l'espace, à la semaine prochaine !

Site des bibliothèques de Strasbourg : http://www.mediatheques.strasbourg.eu/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&PORTAL_ID=WBCT_WBCTDOC_28.xml

Un petit almanach qui cache un grand texte

Un petit almanach qui cache un grand texte

Naissance strasbourgeoise de la Marseillaise

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous découvrir les trésors conservés dans les bibliothèques et archives du Grand Est. Fonds remarquables, documents précieux ou inattendus, découvrez et partagez nos pépites sur notre page Facebook et notre compte Twitter ! #mercredipat #patrimoineécritduGrandEst

[Le 27 janvier 2021]

Aujourd'hui, nous jouons à domicile : direction la bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne. Le document de la semaine est un petit almanach du 18e siècle. Qu'a-t-il de particulier ? Tout d'abord sa jolie couverture en papier dominoté. 

Il s'agit de l'édition 1793 de l'Almanach des Muses, une revue poétique fondée en 1765, très en vogue sous l'Ancien Régime et jusque 1833. Cette édition comporte, et c'est une des toutes premières fois, le texte imprimé de la Marseillaise.

LE SAVIEZ-VOUS ?

La Marseillaise a en fait été écrite...à Strasbourg ! Par Claude Joseph Rouget de Lisle, qui n'était au demeurant pas alsacien ni même lillois mais franc comtois de naissance. Pourquoi la "Marseillaise" nous demandez-vous ? La bouillabaisse serait-elle aussi une spécialité en réalité alsacienne ? Nous n'avons pas de réponse à la deuxième question et ne souhaitons pas créer de polémique inutile. Mais nous pouvons répondre à la première.

Nous sommes en avril 1792, en pleine  Révolution Française. L'officier Rouget de Lisle, alors en poste à Strasbourg suite à la déclaration de guerre de la France à l'Autriche, compose ce désormais célèbre chant patriotique. Repris ensuite par les troupes des fédérés marseillais. Ces derniers l'entonnent en entrant aux Tuileries en Juillet de la même année et voilà ! Le chant est adopté comme hymne national une première fois par la Convention, de 1795 à 1804 puis de nouveau à partir de 1879 sous la Troisième République. Une seule interruption depuis 1879, saurez-vous deviner pour quelle raison ?

-Le régime de Vichy était peu fan des références révolutionnaires et préféra remplacer la Marseillaise par "Maréchal nous voilà"

-Pour marquer la (très rare) victoire de la France à l'Eurovision 1977, la chanson lauréate est choisie comme nouvel hymne.

Ce document provient du fonds Jules Garinet, avocat bibliophile châlonnais (1797-1877), un fonds riche de plus de 30 000 documents et donné à la bibliothèque de Châlons par Mme Garinet en 1882 : 

https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/06871/003212

Site de la bibliothèque municipale de Châlons : https://bm.chalonsenchampagne.fr/patrimoine 

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