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Une formidable encyclopédie sur les papillons

Une formidable encyclopédie sur les papillons

Papillons exotiques des trois parties du monde, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, retour à la Médiathèque du Grand Verdun pour un peu de lépidoptérologie...

[Le 05/05/2021]

Lépidoptérologie ? 

Il s'agit de la science, liée à l'entomologie, qui se spécialise dans l'étude des papillons.C'est l'étude de leur biologie, éthologie ou écologie, mais aussi de systématique (leur classification) ou encore de faunistique, de l'inventaire des populations...

Aujourd'hui, il va donc être question de plaisir des yeux, mais aussi de science et d'enjeux écologiques à travers un ouvrage publié au XVIIIe siècle : Papillons exotiques des trois parties du monde, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique de Pieter Cramer. Le livre est considéré comme un des plus beaux ouvrages sur les papillons jamais publiés. L'auteur, le marchand et entomologiste hollandais Pieter Cramer, était un passionné qui consacra à cette étude de nombreuses années de sa vie, à partir de ses propres collections puis d'autres. Il n'en vit d'ailleurs malheureusement jamais l'aboutissement car il mourut avant sa publication en 1779. Cramer a personnellement supervisé la réalisation des magnifiques illustrations grandeur nature de l'ouvrage (400 planches gravées sur cuivre et colorées à la main !).

Fait important à noter : il s'agit du premier ouvrage naturaliste consacré aux papillons exotiques réalisé d'après le nouveau système de classification élaboré par Carl von Linné, qui marqua un tournant décisif dans l'étude scientifique de la nature. Linné (1707-78), naturaliste suédois, généralisa le système moderne de nomenclature binominale -largement repris depuis mais c'est lui qui en posa les bases systématiques : on désigne une espèce sous 2 noms, nom générique du genre + épithète spécifique pour l'espèce. Le tout en latin pour la bonne compréhension universelle de tous (en tout cas à l'époque). Ainsi nous sommes des Homo sapiens. C'est le nom scientifique, par opposition à un nom vernaculaire ou d'usage courant. Aussi "Phallus impudicus", "Alopecurus geniculatus", "Gnorimoschema gallaesolidaginis" ou "Caenorhabditis elegans" ne sont pas des insultes ou des choses que la morale réprouve mais des noms scientifiques.

Revenons à nos papillons : décrivant plus de 1500 espèces, apportées aux Pays-Bas par bateau (merci les liaisons commerciales), cet ouvrage est une fabuleuse encyclopédie sur la question. Beaucoup d'espèces y sont décrites pour la toute première fois.

Le saviez-vous ?

 Les papillons présentent une grande diversité évolutive dans leur couleurs et motifs, qui ont des fonctions très diverses : thermorégulation, camouflage contre les prédateurs, reproduction... C'est peu connu, mais les insectes en général représenteraient + de 80% de la biodiversité animale, on en découvre constamment de nouvelles espèces. Pourtant, on estime qu'entre 1 et 2% des insectes disparaissent chaque année. Leur taux d'extinction est 8x supérieur à celui des autres animaux. Pieter Cramer a donc décrit de nombreuses espèces de papillons... qui n'existent plus. Et pourtant les papillons jouent un rôle crucial dans la pollinisation. Beaucoup de plantes ne survivent que grâce à eux. La disparition de ces insectes a un effet dévastateur pour les écosystèmes.

Etudier et comprendre le vivant, comme le font Cramer et tant d'autres depuis des siècles, est primordial pour saisir les enjeux de la préservation de ce patrimoine naturel.

A la semaine prochaine, et chouchoutez la nature ! 

Bibliothèque d'étude du Grand Verdun, 72 360

Site de la bibliothèque du Grand Verdun : http://www.bibliotheques-discotheque-verdun.fr/

Visite de la Médiathèque protestante de Strasbourg

Visite de la Médiathèque protestante de Strasbourg

Une riche collection constituée depuis l'époque de la Réforme

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, un peu de tourisme à la découverte d'une nouvelle bibliothèque historique.

[Le 28/04/2021]

Car une fois n'est pas coutume nous avons bien besoin d'un peu d'évasion (en revanche si vous habitez dans un rayon de 10km autour de cette bibliothèque merci de vous adresser à notre inexistant service client) (mais quand bien même, peut-être ne la connaissiez-vous pas !)

Direction Strasbourg, qui abrite de nombreuses bibliothèques patrimoniales. Dont la Médiathèque protestante que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui, située quai Saint-Thomas, et riche d'environ 10 000 ouvrages anciens rassemblés depuis le XVIe siècle, dont 66 incunables. Les origines de la bibliothèque remontent au début du XVIe s., en pleine Réforme protestante strasbourgeoise. Caspar Hedio, théologien et réformateur, fonde un collège dans l'ancien couvent Saint-Guillaume, et y met à disposition une bibliothèque, qui s'enrichit progressivement. En 1660, le bâtiment du vieux couvent est devenu trop vétuste. Le Collegium Wilhelmitanum déménage dans l'ancien couvent des dominicains, où il rejoint la bibliothèque municipale.

***PLOT TWIST***

Le 29 juin 1860, tout le complexe de l'ancien couvent est en proie aux flammes. Les livres de la bibliothèque sont sauvés de justesse. La bibliothèque protestante s'installe dans ses locaux actuels, et la bibliothèque municipale, elle, déménage au Temple-Neuf. Pour l'anecdote, dix ans plus tard, en 1870, lors de la guerre franco-prussienne, les bâtiments quai Saint-Thomas sont épargnés par les bombardements. Par contre, ce n'est malheureusement pas le cas du Temple-Neuf, et des collections de la bibliothèque municipale.

Une salle est aménagée au rez-de-chaussée pour accueillir le fonds ancien de la bibliothèque, la salle Rodolphe Peter, du nom d'un des grands donateurs de la bibliothèque. Les sujets couverts sont variés : de la théologie bien sûr, et notamment de nombreux documents de l'époque de la Réforme, mais aussi de l'histoire, de la géographie, de la littérature, des sciences... On y trouve de nombreux trésors de l'imprimerie. Dont une rarissime et magnifique édition de la Cosmographie de Ptolémée publiée en 1482, et soigneusement peinte à la main.

Pour en découvrir plus, la Médiathèque vous propose une belle visite vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=J-CX9f3nURQ

Site de la bibliothèque : https://www.chapitre-saint-thomas.org/mediatheque-protestante-strasbourg.html

A la semaine prochaine !

Un incroyable faire-part de décès de plus de 8 mètres de long

Un incroyable faire-part de décès de plus de 8 mètres de long

Le rouleau des morts de l'abbaye Saint Benigne de Dijon, XVe siècle

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole pour découvrir un ROULEAU DES MORTS.

[Le 21/04/2021]

Le document est bien connu et d'ailleurs nous vous l'avions déjà présenté dans Trésors des bibliothèques et archives de Champagne-Ardenne (2019, coédité avec La Nuée Bleue) Mais nous ne résistons pas au plaisir de le partager à nouveau tant il est incroyable.

Il s'agit du Rouleau des morts de l'abbaye Saint-Benigne de Dijon. Qu'est-ce qu'un rouleau des morts ? C'est une sorte de faire-part de décès médiéval, sous forme de rouleau donc, dans une version de plus de 8 mètres de long. Le rouleau ici présent a été réalisé peu de temps après le décès de 2 abbés représentés ici, Etienne de La Feuillée et Pierre Brenot. Le principe ? Un moine avait la mission spéciale d'entreprendre une "tournée" des établissements religieux associés à son abbaye avec le rouleau. Chaque établissement inscrivait sur le rouleau une sorte d'accusé de réception, et un engagement à prier pour les défunts. Le voyage pouvait être relativement long : ici, il s'étend entre les années 1439 et 1441 et pas moins de 135 signatures ont été récoltées.

Une magnifique miniature peinte décore le premier feuillet du rouleau, et nous présente le martyre de Saint Bénigne (vers 270-75). S'il y a bien une chose que ce martyre nous enseigne, c'est qu'en termes de torture on n'est jamais trop perfectionniste : des aiguilles enfoncées sous les ongles, du plomb coulé sur les pieds, le crâne fracassé par 1 barre de fer, le corps transpercé de lances, des chiens affamés prêts à être lâchés, au cas où. Saluons le raffinement...de cette enluminure, craquelée d'avoir été si souvent enroulée

Par sa complétude, son bon état de conservation et la richesse de son décor, cet exceptionnel rouleau des morts est un des plus beaux exemples de cette pratique monastique qui nous soient parvenus.

A la semaine prochaine pour de nouvelles découvertes patrimoniales toujours plus joyeuses !

Site de la bibliothèque de Troyes Champagne Métropole : https://troyes-champagne-mediatheque.fr/

L'incroyable luxe des manuscrits carolingiens

L'incroyable luxe des manuscrits carolingiens

L'Evangéliaire pourpre d'Epinal

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction la Bmi - Bibliothèques & Médiathèques Intercommunales qui conserve quelques trésors et non des moindres.

[Le 14/04/2021]

La pépite de la semaine nous démontre même que oui, l'habit fait le moine, puisque ce manuscrit est précieux à l'intérieur et ça se voit à l'extérieur (comme les yaourts). Il s'agit du très célèbre évangéliaire pourpre (Ms 265).

Commençons par l'intérieur : le texte, l'Evangile selon Saint Marc, daterait du IXeme siècle, et comme son nom l'indique est copié sur un parchemin teint en pourpre. Il faut savoir que le pourpre a une double connotation impériale et chrétienne, et que c'est une couleur non seulement éminemment symbolique, mais aussi extrêmement luxueuse : dans l'antiquité par exemple, il ne faut pas moins de 10 000 coquillages (murex) pour obtenir seulement 1 gr de pigment pur. Et vous remarquerez que le texte est écrit en lettres d'or, pour un glow-up maximal

Les textes sacrés, bibliques et liturgiques, occupent une place centrale dans la culture carolingienne. La préciosité et le luxe des matériaux employés sont là pour souligner l'importance de la parole sainte, pour se faire le reflet flamboyant de la lumière divine.

Ces manuscrits sont bien sûr extrêmement rares.

Autre preuve matérielle ici du soin apporté à des matériaux qu'on sait précieux : le parchemin des pages de garde (plus tardives) a été réparé, car il ne faut rien perdre. Dans le processus de fabrication du parchemin, la peau est tendue, et il arrive que des déchirures se produisent, sans parler des défauts éventuellement déjà présents sur la peau. Ces déchirures sont alors soigneusement recousues et le fil enlevé + tard -de la vraie chirurgie !

Revenons à nos moutons (paix à leur âme parcheminée). Le manuscrit contient en outre deux enluminures pleine page ajoutées ultérieurement (XVe siècle) représentant Saint Marc et Saint Goery/Goeric -le manuscrit provient du chapitre Saint Goery d'Epinal.

Si l'intérieur du manuscrit ne vous a pas déjà suffisamment ébloui, place à la reliure. Magnifique pièce d'orfèvrerie, elle date quant à elle du XIVe siècle, la plaque d'ivoire gothique très finement sculptée date de la seconde moitié du XIVe. Le manuscrit peut se faire pièce d'apparat à part entière, un objet pensé pour être montré, notamment lors de processions religieuses, et gardé précieusement au sein du trésor de l'église parmi les reliquaires et autres artéfacts sacrés.Les 4 coins supportant les symboles des 4 évangélistes contenaient d'ailleurs des reliques.

Donné (ou restitué) à la ville au XIXe siècle par le marquis de Ludre, le manuscrit a été classé au titre des monuments historiques en 1982.

Pour le consulter en ligne : https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=4291

Site de la BMI d’Epinal : https://bmi.agglo-epinal.fr/

Pour en savoir plus sur les manuscripts pourpres : http://expositions.bnf.fr/carolingiens/arret/04_4.htm   

Fastes d'une bibliothèque épiscopale

Fastes d'une bibliothèque épiscopale

Le Palais Rohan de Strasbourg

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, pour changer, direction un musée mais rassurez-vous, il y a des LIVRES ANCIENS.

[Le 07/04/2021]

Nous avons nous aussi hâte de pouvoir voyager à nouveau pour découvrir le très riche patrimoine de notre belle région Grand Est (notamment les musées et monuments historiques), mais en attendant voyageons en images au Palais Rohan de Strasbourg. Ce palais fut construit de 1732 à 1742 d’après les plans de Robert de Cotte, Premier architecte du Roi, pour le cardinal Armand-Gaston de Rohan-Soubise, prince-évêque de Strasbourg. (Oui, c'est une très bonne situation, prince-évêque de Strasbourg). Donc on ne lésine pas sur les moyens. Bâti dans un style classique, et conçu sur le modèle des grands hôtels parisiens, le nouveau palais épiscopal est une merveille et les décors intérieurs sont somptueux. Voyez plutôt la bibliothèque. Malheureusement, la collection originale des livres du Cardinal de Rohan périt en août 1870, lorsque la bibliothèque de la ville, installée dans l'ancien Temple Neuf, fut réduite en cendres sous les bombardements prussiens. De nombreux autres documents furent hélas irrémédiablement perdus lors de cet incendie. Les livres exposés actuellement datent du XVIIe au XIXe s. et ont été achetés pour leurs reliures principalement.

Le musée des Beaux-Arts de la ville s'installa au Palais Rohan en 1889, suivi par le musée Archéologique en 1913 et celui des Arts décoratifs en 1924.

Pour en savoir plus sur la bibliothèque et les autres pièces composant les appartements du Palais Rohan : https://www.musees.strasbourg.eu/les-appartements-du...

A la semaine prochaine !

Complexité de la médecine médiévale

Complexité de la médecine médiévale

Une compilation de textes médicaux datée du XIVe siècle conservée à Reims

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction la Bibliothèque Carnegie de Reims, où il sera question de médecine car on a tous bien besoin de se changer les idées.

[Le 31/03/2021]

Le document du jour date du XIVe siècle. C'est une compilation de divers textes médicaux traduits en latin, qui montrent l'influence de l'héritage grec, byzantin et arabe sur la médecine médiévale. Oubliez tout de suite toute idée d'âge obscur concernant cette époque, les choses sont complexes.

Le saviez-vous ? c'était alors une pratique courante d'examiner (voire de goûter) un flacon d'urine du patient, à la recherche d'indices visuels afin de pouvoir poser un diagnostic. Cette méthode empirique est appelée uroscopie, et nous la voyons pratiquée sur cette enluminure. L'uroscopie remonte à l'antiquité, puis a connu un grand intérêt dans la médecine byzantine, avant de se répandre en Europe grâce aux traductions d'auteurs byzantins et arabes par l'école de médecine de Salerne à partir du XIe siècle. Le texte en question ici est un traité du médecin byzantin Théophile le Protospathaire, "De urinis" (la traduction coule de source) (façon de parler). Les différentes initiales ornées qui ponctuent le texte sont encore garnies d'un taffetas de préservation et les couleurs sont éclatantes. On peut trouver au fil des pages de nombreuses annotations, ainsi que plusieurs manicules, ces mains dessinées dont l'index pointe vers le passage du texte que le lecteur a voulu souligner.

Retrouvez la notice complète du manuscrit (Ms 1003) ainsi qu'un lien vers sa numérisation sur le Catalogue Général des Manuscrits : https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/servlet/ViewManager

Site de la Bibliothèque Carnegie de Reims : https://www.bm-reims.fr/default/bib-carnegie.aspx?_lg=fr-FR

L'imaginaire débordant des drôleries peuplant les marges d'un luxueux manuscrit médiéval

L'imaginaire débordant des drôleries peuplant les marges d'un luxueux manuscrit médiéval

Le bréviaire de Renaud de Bar, évêque de Metz, vers 1302-1305, un manuscrit mondialement connu.

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Le trésor de la semaine est un manuscrit enluminé conservé à la Médiathèque du Grand Verdun, et vous pourriez bien être surpris.

[Le 24/03/2021]

[AVERTISSEMENT] ce manuscrit comporte des scènes d'une rare violence, et vraiment on ne se méfie jamais assez des lapins, surtout en cette période de Pâques.

La pépite du jour est un bréviaire très richement enluminé commandé par Marguerite de Bar, abbesse de l'abbaye Saint-Maur de Verdun pour son frère Renaud de Bar, évêque de Bar, vers 1302-05. Il s'agit de la partie été du bréviaire, la partie hiver se trouve à la British Library. Manuscrit à usage liturgique, le livre était fait pour être utilisé par l'évêque durant les cérémonies. Un bréviaire est un livre à destination des religieux contenant une synthèse des livres servant à l'office, et comportant des rubriques qui règlent les rites et fêtes à suivre. Les manuscrits de Renaud de Bar sont renommés pour la richesse de leurs enluminures, mais encore plus particulièrement celui-ci : blasons, drôleries, lettrines abondent, et chaque nouvelle page offre au regard une multitude de détails amusants. On désigne sous le nom de drôlerie ou grotesque ce type de décors fantaisiste en marge du texte, et sans aucun rapport d'ailleurs avec le propos. Leur position hors du cadre/limites du texte servait autant à rappeler les hiérarchies sociales et religieuses, qu'à divertir. Grand sujet de prédilection des drôleries : la chasse, marqueur fort d'appartenance aristocratique au Moyen Âge. Les lapins sont particulièrement en vogue ici, ainsi que les cerfs et les chiens, parfois aussi des hybridations des trois. Chose amusante, les lapins sont bien évidemment tout autant proie que prédateurs, puisqu'on est dans une optique de renversement de l'ordre établi (tout du moins en images), de travestissement, de déguisement, d'insolence...Les singes sonnent les cloches ou partent en pèlerinage. Les marges à drôleries font la part belle aux animaux, notamment singes et lapins, mais aussi animaux exotiques comme le lion (bien plébiscité ici) voire des créatures totalement imaginaires (mention spéciale pour la catégorie "bretzel" de la chose). Les scènes se font parfois violentes et obscènes, mais toujours ici dans un registre cocasse. Quelques chevaliers en armure pour remonter le niveau toutefois.

Et enfin clou du spectacle, la prise du donjon de Lapinou Ier par une féroce armée de chiens !

Pour terminer, détail intéressant de ce manuscrit : il est inachevé et c'est une mine d'or pour ceux qui étudient la manière dont les manuscrits étaient décorés.

A la semaine prochaine !

Bibliothèque d'étude du Grand Verdun, Ms 107

Lien vers le manuscrit numérisé : https://bvmm.irht.cnrs.fr/resultRe.../resultRecherche.php...

Site de la bibliothèque du Grand Verdun : http://www.bibliotheques-discotheque-verdun.fr/

Quand une bibliothèque patrimoniale se fait aussi musée

Quand une bibliothèque patrimoniale se fait aussi musée

La bibliothèque humaniste de Sélestat, le pari réussi du mariage entre héritage et modernité

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, nous nous rendons à la Bibliothèque humaniste de Sélestat, et la pépite de la semaine n'est pas un document... mais la bibliothèque elle-même!

[Le 17/03/2021]

Dans le paysage des bibliothèques patrimoniales, la Bibliothèque humaniste de Sélestat est une institution originale, à la fois bibliothèque de recherche et de conservation, et musée. Ses racines remontent au Moyen Age, mais elle veille avec soin à s'inscrire dans la modernité. Ses collections les plus précieuses se sont constituées au cours des XVe et XVIe siècle, à partir de la bibliothèque paroissiale fondée en 1452 et de la bibliothèque de l'humaniste Beatus Rhenanus donnée à la ville avant sa mort. Cet ensemble documentaire exceptionnel a été inscrit en 2011 au registre de la Mémoire du monde par l'UNESCO.

Tout en contribuant à l'essor de la lecture publique à Sélestat, la Bibliothèque humaniste se distingue par une mise en valeur précoce de ses collections, ce qui alimente sa vocation muséale dès le XIXe siècle. Depuis 130 ans, une ancienne halle aux blés sert d'écrin à ces trésors. Réaménagée par l'architecte Rudy Ricciotti, la bibliothèque a rouvert en 2018. Elle propose au public une scénographie renouvelée maitrisant parfaitement l'équilibre entre l'ancien et le moderne, et donne à voir à tous livres anciens précieux, objets et contenus numériques.

Dès que la situation sanitaire le permettra (bientôt on l'espère !), nous vous encourageons vivement à visiter ce lieu incroyable dépositaire de plusieurs siècles d'histoire et d'érudition, qu'un parcours permanent ainsi que diverses expos temporaires vous permettront d'admirer de vos propres yeux.

Adje !

Site de la Bibliothèque humaniste de Sélestat : https://www.bibliotheque-humaniste.fr/

Splendeur de l'âge d'or de la cartographie hollandaise

Splendeur de l'âge d'or de la cartographie hollandaise

De Zee-Atlas ofte Water-Weereld, Amsterdam, Pieter Goos, 1666

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction la bibliothèque municipale de Nogent-sur-Seine voguer sur toutes les mers du monde #hissezhaut !

[Le 10/03/2021]

Pieter Goos (1616-75) est à la fois graveur, imprimeur, éditeur et cartographe. Il travaille à Amsterdam en plein âge d'or de la cartographie hollandaise. Son atlas du monde maritime est considéré comme un des meilleurs de l'époque, et un des + beaux. (Jugez plutôt). Surtout s'il est richement aquarellé à la main comme le superbe exemplaire, de provenance inconnue, que conserve la bibliothèque municipale de Nogent-sur-Seine de l'édition originale publiée en 1666 de cet atlas en néerlandais (preuve de la large diffusion de l'ouvrage). La cartographie de l'époque tentait de répondre aux besoins des armateurs hollandais, préoccupés de rentabiliser au mieux leurs routes maritimes. Les Pays-Bas sont alors la 1ère puissance commerciale du monde, en grande partie grâce au commerce maritime. Le fameux "Siècle d'Or" hollandais se caractérise par un remarquable essor artistique et scientifique. A la croisée des arts et des sciences, un atlas tel que celui-ci a une visée aussi bien pratique et utilitaire que purement ornementale. Voire davantage ornementale.

Il constitue aussi bien un outil de navigation à l'intention des pilotes et des marins qu'un livre d'apparat luxueux destiné à orner les bibliothèques des riches gentilshommes qui avaient les moyens de se mettre des paillettes dans la vie.

L'atlas fourmille de détails intéressants, par exemple les outils de navigation que manipulent des personnages qui entourent les cartouches des cartes : compas, arbalestrilles ou bâtons de Jacob... En navigation, le bâton de Jacob servait à calculer l'angle entre l'horizon et un astre pour déterminer la latitude. Son usage sera abandonné au XVIIIe siècle au profit des instruments à réflexion, octant puis sextant. En tout cas en 1666 on est #teamJacob

Particularité de cet atlas à souligner : c'est l'un des tout premiers à représenter la colonie hollandaise établie sur le territoire de ce qui correspond aujourd'hui à New-York, mais à une époque où elle s'appelait encore...la Nouvelle Amsterdam (#malinmalin)

D'ailleurs... Le saviez-vous ? Avant de s'appeler la Nouvelle Amsterdam puis la Nouvelle York au grès des aléas coloniaux, le site actuel de New York fut baptisé Nouvelle Angoulême par le navigateur Verrazzano en l'honneur de François Ier (comte... d'Angoulême).

Autre petite curiosité que vous retrouverez dans beaucoup de cartes dès le XVIe siècle et qui constitue une des plus célèbres erreurs cartographiques de l'histoire : la Californie est une île (!). Il faudra encore un bon demi siècle pour que cette erreur soit définitivement balayée.

A la semaine prochaine et vive le GPS !

Une saga familiale sanguinaire au temps de Charles Martel et de Pépin le Bref

Une saga familiale sanguinaire au temps de Charles Martel et de Pépin le Bref

Une prestigieuse acquisition de la bibliothèque de Metz : La chanson de geste de Garin le Loherain, de Philippe de Vigneulles.

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction la bibliothèque municipale de Metz et méfiez-vous des coups de faucons !

[Le 04/03/2021]

En 2018, la Bibliothèque de Metz a fait une exceptionnelle acquisition : un exemplaire manuscrit (vers 1515-1528) de la chanson de geste médiévale de Garin le Loherain, par Philippe de Vigneulles, une épopée en quelques 15 000 vers, datant de la fin du 12ème siècle.

L'intrigue ? Elle est tout à fait digne des meilleures séries. Cette chanson de geste est considérée comme une des plus sanguinaires du genre : meurtres (comme ici l’assassinat de Garin par Lancelin, évêque de Verdun), rivalités, amours, intrigues, aventures. Tout y est. L'histoire raconte les démêlés d’un duc de Metz et de son lignage avec une autre maison nobiliaire, celle des Bordelais. Familles ennemies, trahisons, guerres. Vraiment tout y est. Et tous les coups sont permis, y compris frapper son ennemi à coup de faucon lors d'une partie de chasse.

En bref c'est LA saga familiale de l'été 1190. Et une très belle acquisition de la ville de Metz avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Région Grand Est et de la Direction régionale des Affaires Culturelles.

Bibliothèque municipale de Metz, Ms 1901. Une petite cigogne pour la route et à la semaine prochaine !

 

Site de la bibliothèque minicipale de Metz : https://bm.metz.fr/iguana/www.main.cls?SUrl=accueil

 

560 ans et pas une ride !

560 ans et pas une ride !

Un rarissime incunable conservé à la bibliothèque municipale de Colmar

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Colmar à la découverte d'un livre qui ne fait pas ses 560 ans. 

[Le 24/02/2021]

LE SAVIEZ-VOUS ?

La bibliothèque municipale de Colmar conserve la deuxième plus grande collection d'incunables en France après celle de la

BnF - Bibliothèque nationale de France avec quelques 2300 volumes. Un incunable est un ouvrage imprimé avant le 1er janvier 1501 (en occident). Le terme dérive du latin "incunabula' (berceau). Nous sommes dans la toute petite enfance du livre imprimé ! Encore très proches visuellement du manuscrit, les incunables sont imprimés à faibles tirages, et sont parfois enluminés à la main. Un incunable est par définition un trésor de par sa rareté, mais certains sont particulièrement des trésors.

Admirez la fraîcheur de celui-ci !

Il s'agit d'un exemplaire de la Bible à 49 lignes imprimée en 1460 à Strasbourg par Johann Mentelin, ce qui en fait la première Bible imprimée après celle de Gutenberg (connue comme la Bible à 42 lignes) et surtout le tout premier livre imprimé sur ce qui est aujourd'hui le territoire français. Seulement environ 30 exemplaires sont connus à travers le monde, et Colmar en conserve non pas 1 mais 2 dont un qui devait comporter de superbes enluminures si on en croit leur absence.

Pour en savoir plus sur les riches collections de la bibliothèque de Colmar : https://dominicains.colmar.fr/collections

 

Le portefeuille qui prit un éclat d'obus à la place de son propriétaire

Le portefeuille qui prit un éclat d'obus à la place de son propriétaire

Un témoignage matériel du destin brisé de millions d'anonymes de la Grande Guerre

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, nous repartons en 1915, à la rencontre cette fois du journal de Lord Voldemort !

[Le 17 février 2021]

En fait ...non.

Il ne s'agit pas du journal intime de Tom Jedusor mais le teasing se tentait. Ce document conservé aux Archives départementales de la Marne est un témoignage aussi marquant qu'il est tangible des milliers de destins anonymes qui furent brisés lors de la Grande Guerre.

Nous sommes le 2 août 1914. Comme 4 millions de ses concitoyens, René Emile Vattel, un jeune Marnais, est appelé sous les drapeaux suite à la mobilisation générale. En 1915, alors qu'il prend part aux combats dans l'Oise, il est gravement blessé par des éclats d'obus. Comme beaucoup de ses camarades, et pour tenir dans l'enfer des tranchées, le canonnier Emile Vatel garde toujours précieusement sur lui son portefeuille contenant des lettres de sa fiancée ainsi que des photos de ses proches. Le portefeuille prend un éclat d'obus à sa place. Malheureusement, le soldat finit par succomber à ses blessures à la tête le 25 avril 1918. Civils ou militaires, la Première Guerre Mondiale faucha plus de 15 millions de personnes.

Ce document, comme tant d'autres témoignages d’itinéraires ou de parcours familiaux et intimes de la période, a été remis aux archives par des particuliers dans le cadre de la Grande Collecte (https://francearchives.fr/fr/article/26287559).

Vous pouvez retrouver ce portefeuille martyr parmi les quelques 250 docs et objets présentés dans Trésors des bibliothèques et archives de Champagne-Ardenne, coédité avec La Nuée Bleue. Un trésor n'est hélas pas toujours quelque chose de beau, matériellement ou intellectuellement ...

-Pour en savoir plus sur Trésorshttp://www.interbibly.fr/.../con.../patrimoine-ecrit/tresors

-Site des Archives départementales de la Marne : https://archives.marne.fr/ 

Eclats d'obus et livres martyrs

Eclats d'obus et livres martyrs

Les stigmates de la Première Guerre Mondiale à la bibliothèque bénédictine de Saint-Mihiel

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Saint-Mihiel (55) ... et gare aux éclats d'obus !

[Le 10 février 2021]

Ce ne sont pas vraiment des "trésors" dans le sens habituel du terme que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui mais plutôt une série de témoignages de victimes livresque collatérales de la folie des hommes.

Les origines de la superbe bibliothèque bénédictine de Saint-Mihiel remontent à l'époque carolingienne. Elle abrite de riches collections. Mais cette petite ville de la Meuse, qui se situe à 35km de Verdun, n'est pas très idéalement située quand survient la 1ere Guerre Mondiale. Dès le mois d'août 1914, la guerre place Saint-Mihiel sous contrôle allemand. En octobre 1915, un obus français frappe la bibliothèque et endommage considérablement la grande salle ainsi que les documents qui n'en avaient pas été évacués.

Achevée en 1775, la grande salle, sous ses 5 mètres de hauteur, mesure 50 mètres de long soit autant qu'un bassin olympique. Il faudra une bonne dizaine d'années pour la restaurer à l'identique.

On estime à 8000 le nombre d'ouvrages perdus ou volés pendant cette période. La bibliothèque en conserve aujourd'hui environ 9000 dont 74 manuscrits médiévaux et 86 incunables. Certains des livres portent encore dans leur matérialité les traces de leur martyr. 

Fiche de la bibliothèque dans le Répertoire du CCFr : https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index_view_direct_anonymous.jsp?record=rnbcd:INSTITUTION:12636

Une plongée illustrée dans l'Amérique insurgée

Une plongée illustrée dans l'Amérique insurgée

Le manuscrit de Flohr : journal de bord d'un soldat en pleine Guerre d'indépendance américaine

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous sur Facebook et Twitter découvrir les trésors du #patrimoineécritdugrandest conservés dans les bibliothèques et archives de la région. Cette semaine, direction Strasbourg... et les Etats-Unis !

[Le 03 février 2021] 

Le document de la semaine est un fascinant journal manuscrit rédigé à Strasbourg par le fusilier Georg Daniel Flohr (1756-1826). Que faisait-il en Amérique et que nous raconte-t-il dans son superbe journal illustré ?

Nous sommes au début des années 1780. Une guerre fait rage depuis 1775 entre le Royaume de Grande Bretagne et les Treize colonies d'Amérique du Nord insurgées qui se rebellent et déclarent leur indépendance le 4 juillet 1776. C'est la Guerre d'indépendance des États-Unis.

Le conflit s'enlise et les les insurgés américains se mettent en quête de soutiens étrangers parmi les ennemis européens de la Grande Bretagne. C'est là que la France entre en scène (#lafayette), ainsi que l'Espagne et les Provinces Unies. Et voilà ! par le jeu des alliances diplomatiques notre soldat Flohr, originaire de la province des Deux-Ponts dans le Palatinat, parti prendre part aux combats. Il tient des notes où il raconte au jour le jour son voyage, la traversée en mer, les batailles, les peuples rencontrés...

Flohr rédige son récit à partir de ses observations à son retour en 1787. C'est un document et une source historique passionnants, d'autant plus que les témoignages de première main de simples soldats sont très rares. Le manuscrit comporte une trentaine d'illustrations de sa main.

Georg Flohr finit par repartir aux Etats-Unis pour y devenir pasteur et meurt en Virginie en 1826. Se termine ici notre petit voyage immobile dans le temps et l'espace, à la semaine prochaine !

Site des bibliothèques de Strasbourg : http://www.mediatheques.strasbourg.eu/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&PORTAL_ID=WBCT_WBCTDOC_28.xml

Un petit almanach qui cache un grand texte

Un petit almanach qui cache un grand texte

Naissance strasbourgeoise de la Marseillaise

Chaque mercredi, nous vous emmenons avec nous découvrir les trésors conservés dans les bibliothèques et archives du Grand Est. Fonds remarquables, documents précieux ou inattendus, découvrez et partagez nos pépites sur notre page Facebook et notre compte Twitter ! #mercredipat #patrimoineécritduGrandEst

[Le 27 janvier 2021]

Aujourd'hui, nous jouons à domicile : direction la bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne. Le document de la semaine est un petit almanach du 18e siècle. Qu'a-t-il de particulier ? Tout d'abord sa jolie couverture en papier dominoté. 

Il s'agit de l'édition 1793 de l'Almanach des Muses, une revue poétique fondée en 1765, très en vogue sous l'Ancien Régime et jusque 1833. Cette édition comporte, et c'est une des toutes premières fois, le texte imprimé de la Marseillaise.

LE SAVIEZ-VOUS ?

La Marseillaise a en fait été écrite...à Strasbourg ! Par Claude Joseph Rouget de Lisle, qui n'était au demeurant pas alsacien ni même lillois mais franc comtois de naissance. Pourquoi la "Marseillaise" nous demandez-vous ? La bouillabaisse serait-elle aussi une spécialité en réalité alsacienne ? Nous n'avons pas de réponse à la deuxième question et ne souhaitons pas créer de polémique inutile. Mais nous pouvons répondre à la première.

Nous sommes en avril 1792, en pleine  Révolution Française. L'officier Rouget de Lisle, alors en poste à Strasbourg suite à la déclaration de guerre de la France à l'Autriche, compose ce désormais célèbre chant patriotique. Repris ensuite par les troupes des fédérés marseillais. Ces derniers l'entonnent en entrant aux Tuileries en Juillet de la même année et voilà ! Le chant est adopté comme hymne national une première fois par la Convention, de 1795 à 1804 puis de nouveau à partir de 1879 sous la Troisième République. Une seule interruption depuis 1879, saurez-vous deviner pour quelle raison ?

-Le régime de Vichy était peu fan des références révolutionnaires et préféra remplacer la Marseillaise par "Maréchal nous voilà"

-Pour marquer la (très rare) victoire de la France à l'Eurovision 1977, la chanson lauréate est choisie comme nouvel hymne.

Ce document provient du fonds Jules Garinet, avocat bibliophile châlonnais (1797-1877), un fonds riche de plus de 30 000 documents et donné à la bibliothèque de Châlons par Mme Garinet en 1882 : 

https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/06871/003212

Site de la bibliothèque municipale de Châlons : https://bm.chalonsenchampagne.fr/patrimoine 

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